Dans l’imaginaire de tous les enfants, la tirelire a une tête de cochon, un petit nez rose et une fente sur le dos. Pourtant, rien ne relie a priori un cochon à des économies. Alors, pourquoi le cochon est-il devenu le symbole de la tirelire ? Il n’existe pas une seule réponse, mais plusieurs pistes qui se complètent : une légende anglaise autour d’une argile, la plus ancienne tirelire connue au monde, le cochon comme animal porte-bonheur, et un ventre rond qui se remplit. Voici ce que l’on sait vraiment, et ce qui relève de la légende.
Avant de parler du cochon, un détour par le mot lui-même. En français, « tirelire » est attesté dès le XIIIe siècle. Il serait probablement le même mot que « tire-lire », un refrain de chanson qui imite le chant de l’alouette. Une autre hypothèse évoque une origine italienne, à partir de « tirare » (tirer) et de « lira » (la monnaie), mais elle reste discutée. Les dictionnaires voient plutôt dans « tirelire » un mot de fantaisie, joyeux et chantant, ce qui n’est pas absurde pour un objet où l’on entend tinter les pièces.
Ce détail est important : à l’origine, le mot « tirelire » ne désigne pas du tout un cochon. Il désigne un petit récipient pour garder de la monnaie, quelle que soit sa forme. Le cochon est arrivé après, et par un autre chemin.
C’est l’explication que l’on lit le plus souvent. Au Moyen Âge, en Angleterre, on aurait fabriqué des pots, des jarres et de la vaisselle avec une argile orangée bon marché appelée « pygg ». Les ménages y glissaient leurs pièces de monnaie, et l’on parlait de « pygg jars », des pots en pygg. Au fil des siècles, la prononciation de « pygg » serait devenue proche de « pig », le mot anglais pour cochon. Les potiers, à qui l’on demandait des « pygg banks », auraient fini par les fabriquer en forme de cochon. Le nom aurait ainsi transformé l’objet.
L’histoire est séduisante, mais elle est contestée. Plusieurs spécialistes de l’origine des mots, dont le britannique Michael Quinion, doutent de l’existence d’une argile appelée « pygg ». D’autres relèvent que la chronologie ne tient pas : des tirelires en forme de cochon existaient bien avant que ce prétendu jeu de mots ne puisse fonctionner. Un détail intrigant reste toutefois : en Écosse et dans le nord de l’Angleterre, le mot « pig » a bien désigné un pot en terre cuite dès le milieu du XVe siècle. Son origine est inconnue, et cela ne prouve pas, à lui seul, un lien avec la tirelire.
Notre conclusion : cette légende est jolie, mais mieux vaut la présenter comme une théorie populaire que comme un fait établi.
Les plus anciennes tirelires en forme de cochon connues ne viennent pas d’Europe. Elles ont été retrouvées à Trowulan, dans l’est de l’île de Java, en Indonésie, et datent de l’empire de Majapahit, entre le XIVe et le XVe siècle. Ce sont des tirelires en terre cuite avec une fente sur le dessus, dont l’une est exposée au Musée national d’Indonésie.
L’animal représenté est en réalité un sanglier, le « celeng » javanais, un petit sanglier noir au dos creusé. En indonésien, le mot « celengan » désigne encore aujourd’hui la tirelire, et il vient du même mot. Selon certains historiens, l’arrivée d’une grande quantité de pièces chinoises à Java vers 1300 aurait encouragé la fabrication de ces objets pour les ranger.
Cette découverte change la perspective : l’idée du cochon tirelire est probablement antérieure à toute histoire de jeu de mots anglais. C’est un indice sérieux que la forme de l’animal a été choisie pour ce qu’elle représentait.
En Europe, le cochon est depuis longtemps un symbole de chance et d’abondance. En Allemagne et dans les pays voisins, le « Glücksschwein », le cochon porte-bonheur, est très présent dans la culture populaire. Il est donc naturel d’y glisser ses économies, en espérant que la fortune vienne avec. Aux Pays-Bas, la tirelire se dit d’ailleurs « spaarvarken », littéralement le « cochon qui épargne ».
Le cochon était aussi, dans les campagnes, un animal précieux : on l’engraissait pour constituer des réserves de nourriture. Cette image d’un animal qui grossit et qui assure l’avenir se prête bien à celle d’un petit capital qui grandit.
Au-delà de l’histoire, le cochon a un avantage très concret pour une tirelire : sa forme. Un corps rond et bien rempli, un dos plat qui accueille facilement une fente, un visage souriant et sympathique. L’enfant comprend tout de suite que plus on met de pièces, plus le ventre se remplit. Le cochon est devenu une véritable icône de l’épargne, qu’on retrouve dans les logos de nombreuses banques et sociétés financières.
La tirelire en forme de cochon est ensuite devenue très populaire au XXe siècle, notamment aux États-Unis, ce qui a contribué à la diffuser dans le monde entier sous le nom de « piggy bank ».
Les tirelires anciennes en terre cuite n’avaient pas d’ouverture : on les remplissait par la fente, puis on les brisait pour récupérer les pièces. C’est de là que vient l’expression « casser sa tirelire », qui signifie aujourd’hui dépenser toutes ses économies. Aujourd’hui, beaucoup de tirelires s’ouvrent, ce qui permet de les vider, de compter les pièces avec l’enfant, puis de les réutiliser. Vérifiez simplement sur la fiche produit si le modèle choisi s’ouvre.
Le cochon reste l’un des modèles préférés des enfants, mais il n’est plus le seul. Panda, dinosaure, licorne, pirate, éléphant ou maison en bois : les tirelires se déclinent désormais dans tous les thèmes, et chaque enfant peut avoir la sienne à son image. Chez Patlodie, la tirelire cochon personnalisée existe en trois tailles : taille S, taille M et taille XL. Pour d’autres idées, retrouvez toute notre collection de tirelires personnalisées pour enfant.
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Il n’y a pas une seule cause établie. Les pistes principales sont la légende de l’argile « pygg », les tirelires en forme de cochon ou de sanglier retrouvées à Java, le cochon comme symbole de chance et de prospérité en Europe, et sa forme ronde qui se remplit comme une réserve.
Le mot est attesté dès le XIIIe siècle. Il serait probablement lié à « tire-lire », un refrain qui imite le chant de l’alouette. À l’origine, il ne désignait pas un cochon mais n’importe quel récipient pour garder de la monnaie.
Elle est très répandue, mais contestée. Plusieurs spécialistes de l’origine des mots doutent de l’existence d’une argile appelée « pygg » et considèrent cette histoire comme une explication populaire plutôt que comme un fait prouvé.
Les plus anciennes tirelires en forme de cochon, ou plus exactement de sanglier, viennent de l’empire de Majapahit, à Java, en Indonésie, et datent du XIVe ou du XVe siècle.
Oui. Le cochon est un classique, mais les tirelires existent dans tous les thèmes : animaux, dinosaures, pirates, licornes, maisons… L’important est que l’enfant aime sa tirelire et ait envie de la remplir.
Le cochon est devenu le symbole de la tirelire grâce à un cumul de raisons : des tirelires en forme de cochon ou de sanglier déjà fabriquées à Java il y a plus de 600 ans, une image de chance et de prospérité en Europe, une forme ronde qui se remplit sous les yeux de l’enfant, et une légende anglaise que l’on raconte volontiers, même si elle reste discutée. Que l’on choisisse un cochon classique ou un autre animal, la tirelire reste un bel objet pour apprendre à épargner.
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